1 an à Paris, le bilan

1 an à Paris, le bilan

Aujourd’hui ça fait un an que j’ai emménagé à Paris. Déjà un an et seulement un an. Déjà un an parce que quand je rentre à Nancy j’ai l’impression de n’être jamais partie, que c’était hier que je chargeais la voiture de ma maman pour monter sur Paris. Et seulement un an quand je vois toutes les choses que j’ai faites, toutes les choses que j’ai vues depuis que je suis là.

Encore aujourd’hui, j’ai l’impression d’être deux personnes à la fois. D’un côté, je suis encore la petite fille à ses parents quand je rentre à Nancy, ce qui est arrivé à peu près 6 fois cette année. Et de l’autre, je suis la jeune femme active, pleine d’objectifs et de projets qui vit à 100 à l’heure et qui ne s’arrête jamais, quand je suis à Paris.

Alors en un an qu’est-ce qu’il s’est passé ?

J’ai rencontré des gens formidables, des gens qui sont devenus mes amis, des gens qui me ressemblent avec qui je partage les mêmes centre d’intérêt, les mêmes points de vu. J’ai retrouvé des amis perdus de vu aussi. J’ai découvert des lieux, des marques, des activités, des saveurs que je n’avais jamais goûtées. J’ai rencontré, j’ai fait, j’ai vu, beaucoup de choses. J’ai l’impression d’avoir vécu 100 ans en un an. 100 ans de vie à Nancy en un an à Paris, c’est un peu ça en fait.

Alors bien-sûr en 1 an il y a eu des coups de blues.

Le premier, ça a été lors de mon premier week-end seule, où après l’effervescence de la semaine de travail je me suis retrouvée le vendredi soir chez moi, seule. J’ai entrepris de faire mon ménage pour m’occuper, mais sur 20m2 ça va assez vite. Et puis le samedi on se dit “mince j’ai plus rien à faire, qu’est-ce que je vais faire”… Le plus dur en fait, c’est de rentrer et de n’avoir personne à qui raconter sa journée, personne avec qui sortir, personne avec qui échanger ne serait-ce qu’une présence, même sans échanger de paroles. Juste de sentir qu’il y a quelqu’un qui est là, et ça ça manque. Surtout quand on a eu l’habitude pendant 23 ans de n’être jamais seule. Mais heureusement on s’y habitue. Et les week-ends qui étaient trop longs au départ deviennent trop courts parce qu’on a trop de choses à voir, trop de chose à faire. On rempli sa vie pour ne pas s’ennuyer et c’est normal je pense. On se trouve de nouvelles habitudes, de nouveaux passe-temps, de nouveaux hobbys. Et les week-ends deviennent trop court.

Presque trois mois après mon emménagement, je n’étais toujours pas rentrée sur Nancy. A la fin du mois de novembre, je me suis finalement décidée à rentrer. Et je me suis rendue compte à quel point ça m’avait manqué. A quel point ma famille que je n’avais pas vue depuis des mois m’avait manquée, à quel point ma maison d’enfance m’avait manqué, ma ville m’avait manqué tout simplement. Et je ne voulais plus repartir. C’est aussi pour ça que je ne voulais pas rentrer au départ, car j’avais peur de ne pas repartir. Alors je me suis dis “oui mais ça fait tellement de bien, je me sens tellement ressourcée qu’il faut que je rentre plus souvent”. Aujourd’hui j’essai de rentrer un week-end tous les deux mois. A chaque fois c’est un vrai déchirement au coeur de les laisser, de partir. C’est atroce parce que je veux rester mais quand je rentre chez moi, je sait pourquoi je suis là. Je retrouve mon petit cocon, je recommence à vivre à mon propre rythme et ça ça n’a pas de prix.

Le deuxième gros coup de blues que j’ai eu durant l’année a été fin juin/début juillet, au moment où il a commencé à faire très beau et très chaud. A ce moment là je ne supportais plus Paris. Je voulais tout plaquer. J’avais même commencé à regarder les offres d’emploi sur Nancy, les appartements sur Nancy, je voulais rentrer, retourner auprès de mes proches. Je voulais pouvoir sortir faire du vélo, comme j’avais l’habitude de le faire juste en claquant la porte, profiter du soleil et du calme. Ça a été mon deuxième gros coup de blues. Il y en a eu d’autres, des petits entre temps bien-sûr, mais je me suis tellement occupée, j’étais tellement bien entourée par mes amis, bien chez moi que je n’ai pas eu trop de coup de blues à part ceux-là. Du coup, au mois de juillet je suis rentrée tous les 15 jours au lieu de rentrer tous les deux mois. J’en avais tout simplement besoin. Je n’avais jamais été aussi heureuse de retrouver Nancy, moi qui me sentais étouffée et qui avait cherché à partir depuis des années.

Alors quel bilan dans tout ça ?

Parfois c’est dur mais je pense que ce n’est pas forcément Paris qui veut ça. J’aurai été dans n’importe quelle autre ville ça aurait été tout aussi dur. Parce que ce qui est difficile c’est d’être séparé de ses repères, de sa famille, de ses amis, de se retrouver dans un lieu inconnu et de se créer de nouvelles habitudes. Ce n’est pas parce qu’on se retrouve dans une ville avec plusieurs millions d’habitants que c’est plus dur que dans une ville lambda. Le plus dur c’est de changer ses habitudes parce qu’on est des êtres d’habitude et débarquer dans une ville qu’on ne connait pas vraiment, dans laquelle on n’a aucun repère, pas d’amis, c’est ça qui est difficile.

Le bilan c’est que j’ai toujours su que j’avais fait le bon choix et un an après je continue de le penser. Je ne changerais pour rien au monde la décision que j’ai prise il y a un an. Pour rien au monde je ne retournerais vivre à Nancy aujourd’hui, parce que Paris a tellement à m’offrir et me le rend bien.

Oui, il y a beaucoup plus de monde, mais il y a aussi beaucoup plus de choses à faire. Et si on croit qu’à Paris, parce qu’il y a plus d’habitants on va être tout de suite entouré de gens, c’est faux. On est entouré de gens dans les transports, au travail, au supermarché, on apprend à être patient, à faire la queue pendant des heures pour quelque chose dont on n’aurait jamais fait la queue en province. Mais on est seul. On est tout un groupe de gens seuls. François Mauriac disait : « Paris est une solitude peuplée. » C’est tellement vrai. J’ai une poignée d’amis à Paris et honnêtement, je me sens chanceuse de les avoir rencontrés.

Se retrouver seule, apprendre à vivre à son rythme et non au rythme de nos parents, d’un conjoint,  d’une famille, apprendre à se connaître soi-même, finalement c’est important. C’était important dans ma construction. Depuis que j’habite à Paris j’ai appris à faire les choses seule. Je suis déjà allée au restaurant seule, sans aucune gêne, je vais visiter des musées seule, je vais me balader seule, boire un verre seule, tellement de gens vont boire un verre seul à Paris pour patienter, ou juste pour profiter, c’est courant. Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir à Paris. Il n’y a pas de limite à Paris, et c’est ça que j’adore. Je peux en faire le tour un million de fois et toujours découvrir quelque chose de nouveau. Et ça, c’est génial.

A nous deux Paris, ça ne fait que commencer ♡

Photos :  Et si on testait pour vous 

1 an à Parisun an à Paris

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9 Commentaires

  1. 24 août 2018 / 16:04

    J’ai adore ton article! et je suis ravie que ta vie parisienne te comble ma jolie

  2. 29 août 2018 / 09:28

    En lisant ton article j’ai eu l’impression que c’était moi qui racontais mon arrivée à Lille il y a un an. Je suis passé par le même coup de déprime qui a duré plusieurs semaines… rentrer et n’avoir personne qui est là, se sentir vide, seule et loin de tout le monde, de tous nos repères, c’est vraiment difficile et ce que j’ai vécu également il y a un an quand j’ai emménagé seule à Lille.
    Et après je me suis également fait des amis et ça allait mieux mais là j’appréhende beaucoup mon retour dans deux petits jours car je suis restée tout l’été chez mes parents (pour bosser et profiter d’eux). Il va falloir se réhabituer à vivre seule haha.

    Je suis contente pour toi que ton aventure à Paris te rends heureuse (malgré les coups bas mais c’est normal). Et tes photos sont très jolies, tu es rayonnante ! 🙂

    Des bisous, Lisa

    • Pauline
      Auteur
      2 septembre 2018 / 19:06

      Courage pour la rentrée ! Les habitudes reviennent très vite 😉
      Merci beaucoup pour ton commentaire ♡

  3. manguecocoblog
    29 août 2018 / 15:56

    Coucou Pauline ! Bravo pour ce témoignage touchant, j’imagine à quel point la transition a dû être difficile. Je préfère aussi le calme et la tranquillité de la Province, mais je reconnais que Paris jouit d’une richesse culturelle et architecturale sans précédents. Gros bisous ma belle, bon courage pour la suite ! <3

    • Pauline
      Auteur
      2 septembre 2018 / 19:08

      Merci à toi 🙂 Effectivement, chaque ville a ses avantages et ses inconvénients 😉

  4. 4 septembre 2018 / 21:14

    Ton article me fait réfléchir sur plein de choses. J’ai fait ce choix d’aller m’installer dans une autre ville il y a quelques années. Je n’étais pas bien loin de la maison familiale mais ça m’a rendue malade je n’étais pas bien, je ne me sentais pas chez moi. Je ne pense pas que ce soit la ville qui ait posé problème mais justement le fait d’être seule et de n’avoir aucun repère comme tu le dis si bien dans ton article … Le changement fait peur et j’espère un jour avoir le courage que tu as eu 🙂

    • Pauline
      Auteur
      7 septembre 2018 / 10:10

      Je ne suis pas sure que ça soit une question de courage, je dirais plus que c’était le moment. Je l’ai ressenti au fond de moi et j’étais sure de ma décision. Je serais partie un an plus tôt, je l’aurais peut-être mal vécu… Il ne faut pas se forcer sous prétexte que “c’est comme ça” ou que notre entourage nous le conseille. Ca doit venir “des tripes” si je peux me permettre. Partir et me reconvertir, ça a été une révélation et à partir du moment où j’avais trouvé ma voie, plus rien ne pouvait m’arrêter 😉

  5. 5 novembre 2018 / 13:05

    Je n’ai encore jamais quittée Paris, moi j’y habite depuis toujours, mais justement je ne pense qu’à déménager. Je ne sais pas comment je réagirait en étant loin d’un lieu que je connais depuis toujours, mais parfois ça fait du bien de découvrir de nouvelles choses 🙂 J’aime beaucoup Paris, c’est une ville sublime, mais j’avoue que je lui trouve aussi pleins de défauts et à force je ne remarque que ses défauts et plus du tout ses qualités… J’espère que toi tu t’y plairas et que tu ne finiras pas par être dégoûtée comme moi haha 😉

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