Comprendre d’où vient la colère

Comprendre d’où vient la colère

En développement personnel, j’ai pris l’habitude de diviser les émotions ressenties en deux catégories : les émotions positives, celles qui nous élèvent, qui nous poussent vers l’avant, nous font nous sentir bien, et les émotions négatives, qui nous tirent vers le bas, nous empêchent d’avancer et nous font nous sentir mal. En juin dernier, j’apprenais ce qu’est la notion de « responsabilité émotionnelle« , ce principe fort en développement personnel qui explique que nous sommes l’unique responsable de la manière dont on se sent. Je vous invite à aller lire ou relire mon article (ou à écouter mon podcast sur le sujet) car c’est un travail énorme que de changer sa manière de penser les émotions, mais qui peut vraiment aider à se sentir mieux au quotidien. Avant d’étudier les émotions positives, j’ai eu envie de m’intéresser à une émotion négative en particulier qui me gâche souvent l’existence : la colère.

Quand on parle de colère, on pense souvent aux enfants qui à défaut de savoir exprimer leurs émotions font « des colères » pour se faire entendre. On parle d’enfant colérique, rarement d’adulte colérique. Même si cette émotion est généralement associée à l’enfance, on ne cesse pourtant pas d’être en colère simplement en grandissant. La colère, elle continue de nous habiter même une fois adulte. Et d’autant plus en étant adulte si on n’a pas su l’apprivoiser étant petit. Dans le cadre de mon apprentissage sur le développement personnel, j’ai eu envie de m’intéresser à cette émotion, qui est plutôt forte et qui peut influencer le déroulement de la journée et les relations avec autrui. J’ai eu envie de m’y intéresser car je suis moi-même sujette à la colère. Je m’énerve facilement et je regrette souvent de m’être emportée après coup. Malheureusement, ma recherche sur le sujet a été plutôt difficile car il y a peu d’écris sur la colère concernant les adultes. Visiblement en grandissant, on doit savoir comment la gérer comme des grands, tout seul. Pourtant, qui n’a jamais prononcé des mots qui ont dépassé sa pensée sous le coup de la colère ? Qui n’a jamais agi trop vite sous le coup de la colère ? Qui n’a jamais passé sa journée à ruminer à cause de la colère ?

Pourquoi sommes-nous en colère ?

Pour comprendre d’où vient la colère et apprendre à mieux la gérer, il faut se demander « pourquoi sommes-nous en colère » ? Dans quelles circonstances la colère pointe-elle le bout de son nez ? Est-ce une réaction à une parole, une action de quelqu’un d’autre ou une réponse à une situation ? Généralement, la colère survient quand une situation ou une personne dépasse notre système de valeur. Cela peut-être quand on nous manque de respect par exemple ou quand on trouve qu’une situation est injuste ou frustrante. Il existe aussi des tempéraments plus ou moins susceptibles et plus ou moins aptes à la régulation émotionnelle. Quand on est hypersensible par exemple, on a tendance à s’emballer beaucoup plus facilement, que ce soit pour les émotions positives ou les émotions négatives. La colère est certes une émotion négative qui déclenche chez nous des sensations peu agréable, pourtant elle est tout de même utile puisqu’elle permet de comprendre que quelque chose ne nous convient pas et donc de changer nos interactions pour éviter de reproduire les situations qui la déclenchent.

Faut-il se mettre en colère ?

La colère est, au même titre que la peur, un signal d’alarme. Elle nous prévient que quelque chose ne va pas. Elle permet de savoir qu’une barrière a été franchie et donc de pouvoir agir en conséquence. Mais quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que derrière chaque moment où la colère se fait sentir, c’est parce qu’on ressent une autre émotion en dessous qu’on ne souhaite pas ressentir. La colère est une émotion qui en cache une autre. Si mon conjoint me trompe, je vais être en colère, mais derrière la colère je vais surtout être triste et déçue. Si mon chef me parle mal, je vais être en colère, mais je vais surtout ressentir un manque de reconnaissance. Si mes enfants ou mes colocataires me laissent toujours faire le ménage toute seule, je vais être en colère mais dessous je vais surtout avoir le sentiment qu’on me manque de respect ou de reconnaissance. Ce sont bien évidemment des exemples subjectifs puisque chaque situation peut être interprétée différemment selon chacun. On ne réagit pas tous de la même manière et les émotions cachées derrière notre colère pour une même situation peuvent aussi être différentes en fonction des individus.

Alors faut-il exprimer sa colère ? Quand on s’exprime avec virulence, généralement la personne en face ne va pas être positivement réceptive à la colère. Si quelqu’un me parle mal, déjà je peux ne pas comprendre le motif de sa colère, mais ça peut m’énerver moi-même qu’on me parle avec autant d’agressivité. On peut exprimer un mécontentement, c’est même conseillé et recommandé, sans pour autant « exploser » comme une cocotte minute.

Comment gérer sa colère ?

Pour éviter d’exploser à tout va pour tout et pour rien, la meilleure solution que j’ai trouvé jusqu’à présent, pour moi, est celle de la méditation en pleine conscience. Il s’agit de se concentrer sur l’instant présent de façon calme et lucide, d’écouter son corps, ses sensations, sa respiration et de se libérer de son flot de pensées. C’est une pratique extrêmement bénéfique pour apprendre à gérer son stress également, parce qu’elle permet d’apprendre à prendre du recul sur ce qui nous arrive. La colère génère des émotions aussi négatives qu’un fort état de stress. L’idée est donc de redescendre son rythme cardiaque pour se réapproprier ses pensées de manière plus lucide et moins impulsive. Quand je sens la colère monter, souvent je m’emporte sans réfléchir et je « vomis » un flot de parole interminable (pardon pour l’expression mais c’est la meilleure que j’ai trouvé pour illustrer ce côté impulsif et incontrôlable).

Avec la méditation en pleine conscience, quand je sens la colère monter, je fais une pause. 2 secondes suffisent. Je respire un grand coup en faisant attention à la sensation de l’air qui passe par mes narines, qui gonflent mes poumons, j’essaie de ne penser à rien d’autre qu’à ça. Et tout de suite, ça fait redescendre un peu mon niveau de stress ou d’énervement pour pouvoir agir plus sereinement et de manière plus constructive. Alors évidemment, je ne dis pas que ça fonctionne à chaque fois. Quand on a eu l’habitude de s’emporter tout de suite pendant 20 ans, pas évident de changer ses pratiques. Mais commencez par des petites choses, une assiette rangée au mauvais endroit, on respire et on se dit « c’est pas grave, ça ne vaut pas la peine que je dépense autant d’énergie en m’énervant pour ça ». En faisant redescendre sa colère, ça permet aussi de comprendre ce qu’il y a derrière pour avoir un dialogue plus constructif. A force de pratiquer la méditation en pleine conscience pour des petites choses, le corps s’habitue à réagir différemment et est plus à même de réguler ses émotions par la suite dans des situations où la colère est plus grande.

d'où vient la colère

Comprendre d’où vient la colère

 
 
00:00 / 0:07:02
 
1X
 
Partager:

16 Commentaires

  1. 3 mars 2019 / 20:27

    Merci pour ces conseils, ça va bien m’aider, je m’énerve très ( trop ) vite et c’est très énervant au quotidien.
    J’ai souvent pensé que c’était à cause de mon perfectionnisme mais je pense qu’il y a autre chose aussi.
    Bisous

    • Pauline
      Auteur
      7 mars 2019 / 12:50

      Etre perfectionniste peut jouer aussi, car on se met trop la pression pour des petites choses, l’idée c’est d’essayer de canaliser cette colère pour se sentir mieux 😉

  2. 4 mars 2019 / 14:18

    C’est vraiment très intéressant merci ! Quand tu as écrit « si votre chef vous parle mal » c’est ce que j’ai ressenti récemment. J’étais tellement en colère !

    • Pauline
      Auteur
      7 mars 2019 / 12:52

      Je comprends 🙁 Quand c’est comme ça le mieux c’est de se dire « c’est juste un job » même si je sais que c’est frustrant quand on veut faire les choses bien et s’investir à 200% dans son boulot. Sauf qu’il ne faut pas oublier qu’on est tous remplaçables au travail 😉

  3. 4 mars 2019 / 18:20

    merci pour cette article ! C’était très intéressant 🙂

  4. 4 mars 2019 / 18:38

    Comme toi, je suis très sujette à la colère, depuis des années, souvent contre moi-même, je pourrais me frapper quand je suis frustrée, je me retiens à grand-peine, mais je suis une grande râleuse, aussi. Cependant je distingue bien le fait de se mettre en colère et de râler, pour moi ce sont deux choses différentes.
    Pour ma part je pense que je suis rarement véritablement en colère contre les autres parce qu’ils ne correspondent pas à mon système de valeur. Je pense que, dans le fond, quand je me mets en colère, c’est surtout contre moi-même, une situation que je ne peux pas contrôler, quand je me sens accablée. Par exemple cette nuit je dormais la fenêtre ouverte ; il y avait du vent, ça claquais, grinçait, ça me saoulait, j’ai fini par me lever, puis par fermer ma porte qui s’était ouverte. Je me recouche, ça continue. En fait, d’autres fenêtres étaient ouvertes de l’autre côté de l’appart’, donc je me relève pour aller tout fermer, à bout de nerf et, quand je vais pour me recoucher dans mon lit mezzanine, boum, je me prends le plafond non pas une mais deux fois. Je me suis mise en colère, de frustration et d’agacement. Et, du coup je pense que toutes mes colères sont du même genre, c’est-à-dire que même quand d’apparence ce sont les autres qui m’énervent, en réalité c’est moi qui m’énerve.

    Je ne suis pas d’accord, pourtant, quand tu dis qu’il ne faut pas exploser. Exploser peut être bénéfique, si c’est à dose homéopathique, très ponctuellement, pour exprimer un véritable ras-le-bol. En fait, le secret de la colère (que je n’ai pas encore percé) c’est qu’il faut l’exprimer au bon moment et à la bonne intensité.

    • Pauline
      Auteur
      7 mars 2019 / 12:58

      Je dis qu’exploser contre quelqu’un d’autre ne permet pas à la situation/conversation d’être constructive en fait. Et même si sur le moment on se sent un peu « vidé » d’avoir laissé exprimer sa colère, souvent après on ne se sent pas toujours bien. Si on en a ras-le-bol d’une situation, je pense qu’il vaut mieux l’exprimer calmement et si ça ne suffit pas, agir. Après ça dépend de chaque situation encore une fois, si c’est un ras-le-bol mon copain me manque de respect, j’ai beau lui dire encore et encore rien ne change, c’est pas toujours facile, mais soit j’accepte la situation telle qu’elle est, soit je décide qu’on n’a plus rien à faire ensemble. Si j’en ai ras-le-bol parce que je suis toujours la seule à ranger la maison, que j’ai beau le dire encore et encore personne ne m’aide, soit je décide que tant pis, je le fais, soit je fais le ménage par le vide, soit je range plus rien, etc.
      Encore une fois, je ne sais pas si tu avais un exemple en tête ? Mais je ne pense pas qu’exploser soit bénéfique à qui que ce soit (même si ça me démange souvent haha)

      • 7 mars 2019 / 13:17

        Mais parfois on n’a pas besoin que la conversation soit constructive, on a besoin que la personne comprenne qu’on est à bout, et l’explosion peut permettre ça. Mais bien sûr, elle perd de la valeur si : 1) elle est trop violente par rapport à la situation et 2) on en reparle pas après pour s’excuser de s’être mis hors de soi et revenir, pour le coup, à du constructif. Je pense que dire qu’on ne doit jamais (et j’insiste sur le « jamais ») exploser c’est refuser le droit de se mettre en colère et refuser la colère. Or, tu dis et tu as raison, que la colère est un signal d’alarme. Mais la colère, plus on la refuse (dans le sens où on refuse de la ressentir) et plus elle va grossir. Et ça se transforme en cercle vicieux. Mais bien sûr, l’explosion ne doit être que le dernier recours. Puisque, encore une fois, le secret d’une bonne utilisation de la colère, c’est une juste intensité à un juste moment.

        • Pauline
          Auteur
          7 mars 2019 / 13:23

          Je ne dis pas de refuser la colère, mais de savoir la canaliser justement 😉 quand tu sens la colère monter, c’est un signal d’alarme, l’idée c’est de prendre du recul et de se demander si ça vaut vraiment le coup de s’énerver ?

          • 7 mars 2019 / 13:38

            Mais justement, ce que je veux dire c’est que, oui, parfois, ça vaut vraiment le coup de n’énerver.

          • Pauline
            Auteur
            7 mars 2019 / 13:38

            C’est là qu’on n’est pas d’accord alors 🙂

  5. 4 mars 2019 / 22:57

    Ton article est très intéressant et j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire !
    Il est vrai que la colère n’est pas facile à apprivoiser et tu donnes de précieux conseils pour mieux l’aborder.

    A très vite !

  6. 5 mars 2019 / 13:04

    Tes podcasts sont tops, je les écoute tous ! Je les trouve fluides, complets, ta voix est toute douce bref j’adore !
    Bisous ma belle
    Auré
    http://www.plumedaure.com

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :