Il est où l’avenir ?

Avenir. Nom masculin ayant trois sens dans le dictionnaire. Dans un premier temps, l’avenir est défini comme étant « le temps à venir », dans un second comme « la situation future de quelqu’un », et enfin comme étant la « postérité ». L’avenir c’est donc ce qui nous attend tous, que ce soit dans une heure, demain, dans dix ou vingt ans. C’est un phénomène physique et physiologique. Après tout, le présent est éphémère et n’existe qu’à l’instant même où nous le vivons. Et si l’avenir nous fait si souvent peur, c’est parce qu’il est incertain et dépend en partie de nos choix.

Ce billet est différent de ce que j’ai l’habitude d’écrire par ici. Il est beaucoup plus personnel que les précédents. Il ne va pas vous présenter la dernière tendance, mais vous parler d’un sujet plus sérieux et moins sympa aussi. Simplement parce que je crois que j’ai besoin de l’écrire. De me confier à vous sur ce qui se passe dans ma tête ces derniers temps.

Je suis entrée à la fac de droit au mois de septembre en Master I (en quatrième année donc pour ceux à qui le système Licence-Master-Doctorat ne parle pas). Et même si on m’avait prévenu que ça serait difficile, qu’il y aurait beaucoup de travail à fournir, je ne m’attendais pas à devoir m’investir autant. Surtout que voilà, cette année nous sommes entre 90 et 120 à vouloir faire un diplôme pour lequel ils n’en prennent qu’une poignée (moins de 20 personnes) pour l’année suivante. D’ailleurs, il n’est peut-être même pas sûr que j’ai mon année malgré la quantité de travail fournie. En bref, je suis stressée en permanence.

l'avenir

Alors on fait quoi nous, les autres ? Ceux qui n’avons pas de place pour le Master II l’année prochaine ? On fait une formation qui ne nous plaît pas ? On va travailler ?

Quand j’ai quitté le lycée, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Je me suis orientée vers une formation plutôt générale pour ne pas me fermer de portes. Mais au final, à force de faire du général on se retrouve avec un diplôme pour rien. Un diplôme pas assez spécialisé pour le monde du travail. On se retrouve à toujours ne pas savoir quoi faire, car on n’a rien vu. On ignore comment ça se passe sur le terrain (et autant se le dire, ceux qui nous l’enseigne pour la plupart n’ont aucune idée de ce qui s’y passe aussi). Comment savoir ce que l’on souhaite faire si on n’a aucune idée de ce à quoi ça ressemble ?

Quand on écoute autour de soi, toutes les voies sont bouchées. Ah oui, mais s’il n’y a pas de travail, on va faire quoi nous pour casser notre croûte ? On se tourne les pouces et on vit au crochet de l’Etat ? (ça n’en dérange pas certains, mais ça, c’est un autre problème.)

Et notre avenir alors ?

C’est vrai que quand on regarde un peu ce qu’il se passe dans l’actualité, on se demande sincèrement où va le monde. Si certains sont capables de se faire exploser et de détruire des familles et des villes entières, où est l’humanité ? Où est l’avenir avec des gens pareils ? Nulle part.

Quand on voit qu’on nivèle vers le bas, que le baccalauréat ne vaut plus rien, qu’avec une licence ou un bac+4 on a le même niveau qu’un bac+2 sur le marché du travail, pourquoi faire des études ? Autant aller travailler et grimper les échelons directement. Mais on nous pousse à continuer, à avoir le plus haut diplôme possible pour avoir un cadre de vie « respectable » par la suite. Et quand on regarde de plus près, on s’aperçoit que 40% des jeunes qui sortent de l’école avec un bac+5 sont au chômage encore un an après leur diplôme. C’est également comme ça que vous apprenez que votre femme de ménage est titulaire d’un master II en Droit, car elle n’a pas trouvé de travail.

Alors on galère pendant des années à être studieux, à avoir les meilleurs résultats, les meilleures formations possibles, pour quoi ? Pour au final aller faire la queue chez Pôle emploi ? Ca donne envie tout ça.

Bien sûr, ne généralisons pas. Tout le monde ne se retrouve pas dans ce cas de figure et certains oseront même dire que « les meilleurs trouveront toujours du boulot ». Mais honnêtement, ça ne vous révolte pas un peu cette situation ? Parce-que moi si. Ca me fait peur surtout. Parce que quand j’essaie d’imaginer où je serai ne serait-ce que l’année prochaine, je vois le vide. Je n’en ai aucune idée. Et ça me terrifie.

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4 Commentaires

  1. 3 novembre 2016 / 23:21

    Je te comprends, pas facile d’arriver à la fin de tes études et de te poser autant de questions …

  2. Audrey
    24 mars 2017 / 00:03

    Pourquoi pas tenter une année à l’étranger ? Tu es jeune intelligente , ambitieuse ..
    Pour des jeunes femmes comme toi la France n’offre plus grand chose malheureusement ..

    Ceci dit cest plus facile à dire qu’à faire ….. mais moi personnellement si j’en avais la possibilité ..
    Bon courage 🙂

  3. Lucie Lambert
    12 avril 2017 / 18:53

    Coucou,
    je viens de découvrir ton blog, j’aime beaucoup
    tu est en master NIP ?
    Bonne soirée

    • 12 avril 2017 / 19:26

      Merci beaucoup 🙂 non je suis en Droit notarial

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